| Orelsan - Biographie | |
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Orelsan, 25 ans, 14 d'âge mental. Rappeur, craqueur sous pression, amateur de films amateurs, président de ton club d'échecs ». On a essayé, ça ne rentrait pas sur une carte de visite. Fils ou fille de personne d’important, il a grandi dans un petit pavillon de banlieue. Trop loin des halls pour être caillera, trop près pour être des bons petits bourges : « Le cul entre deux chaises ». Il n’est à l’aise que dans le petit univers qu’il s’est bloggé : « Nous sommes des millions de jeunes ignorés dans des millions de bulles prêtes à éclater. Je suis dans l’une d’elles. Elle explose. Là. Maintenant ». Rapper avant que de déraper pour de bon.
Touché, 3ème Bureau, le nouveau label de Wagram, a décidé d’en faire une de ses signatures blockbuster. Vous avez sûrement déjà vu ou entendu ce Rain Man du Rap français, car vous faîtes vraisemblablement parti du million de guetteurs internautes qui ont visionné un de ses clips tonitruants faits maison, à mi chemin entre ultra-geek et super-freak. Plusieurs fois censuré par la police du net, la « St Valentin » d’Orelsan est revenue, encore et encore, postée par des hordes de fans devenus inconditionnels, déclenchant des commentaires incisifs, tels que celui-ci, copié-collé pour vous faire une idée : « J'aimerai que ma sœur tombe sur un minable comme toi, juste pour me faire le plaisir de te brûler vif, bâtard !» Un engouement qui se propage comme un spam, à tel point que la showgirl fluo, Yelle, s’excite dans les pages des magazines, à l’idée de faire un duo avec cet illustre inconnu … Repéré par le producteur Skread (Booba, Diams, Nessbeal), le beatmaker offre à son louveteau une direction artistique en béton armé. « A la base je faisais des instrus, je rappais juste pour m'amuser, rigole Orel. Maintenant je rappe parce que j'aime bien être seul dans mon coin et réfléchir à toutes les conneries que je n'ai pas pu dire dans la vraie vie. J'essaye de toujours mettre de la technique pour que mes textes soient efficaces. C'est un peu ma façon de me venger et de passer mes frustrations ». MC excellent, tête d’affiche de ses débris de vie, grand témoin d’une jeunesse blasée, qu’il a lui-même écumée. Ni une caillera bling bling, ni un pimp en flagrant délit de chic, encore moins un simili rappeur qui aligne les vodka-tonic sur les dancefloors des clubs parisiens. Quand ton meilleur ami de biture et du bitume se met à rapper, branche la fonction magnéto de ton GSM : Orelsan, MC Ouestcoast, vit comme toi, galère comme tes potes, télécharge comme ton petit frère et kiffe ta meuf. Des délires de sale gosse en mode enfant unique option adulescent. Un super héro proche du degré zéro, zéro de conduite sur la route du train train quotidien. « Métro, boulot, dodo » pour les plus chanceux, « RMI, real TV et haut-débit » pour toute une génération sacrifiée, gâtée mais déglinguée. Une routine high-tech qui finira bien par nous caner … Avant ça, Orelsan l’aura fait suer. Pédigrée 1982. Une vie de chien … Pas trop loin de celui de la casse (« Plein de petits jobs pendant et après mes études : phoning, distribution de prospectus, téléphonie mobile, Quick, Subway, guide touristique, éboueur, veilleur de nuit »), à guetter les chiennes au joli museau (« consentantes surtout »), sans gros succès (« Tous mes râteaux furent magnifiques, je pourrais ouvrir une jardinerie ! »). Son os à ronger ? La culture pop en émoticônes, les jeux vidéo, les bons plans qu’on déterre des méandres du net, terré devant son ordi et qu’on s’échange entre nerds, sous le baggy : « Les films à textes, de Van Damme à Steven Seagal, en passant par Ben Stiller et Tim Burton. Les films made in Asia, de la Shaw Brothers, de Kitano ou Kurozawa. Des comics aussi, ceux d'Alan Moore, Neil Gaiman et Frank Miller : X-Men, Batman, Punisher … Et des mangas aussi : plutôt Berserk, Beck, Naruto, Slam Dunk. Je passe des heures, cassé devant les dessins animés de quand on était petit : Les Chevaliers du Zodiaque, Dragon Ball, Ken le survivant » … Des super héros imaginaires qui ont inlassablement inspiré son rap shonen, qui ne se prend pas au sérieux, et qui lance des boules de feu. Gang bang de rimes et éjac’ de flow, Orelsan avale et recrache à sa sauce les golds de ses artistes préférés : Guns N’Roses, Mickael Jackson, Queen, les Beatles. Beaucoup de Rap US aussi, surtout celui des 90’s : Wu Tang, Biggie, A Tribe Called Quest, Missy, Timbaland, Outkast, Jay Z et 50cent ... Mais aussi des groupes comme Jedi Mind Tricks, Non Phixion, Ra The Rugged Man. Du Rap français, évidemment : IAM, NTM, Lunatic, Nessbeal, Rohff et même … Balavoine, Polnareff, Michel Berger, Aznavour et les BO de dessins animés finissent de remplir son iPod, et sa tête de méchantes influences. Son premier album va faire trembler les bacs bien tranquilles de vos disquaires. Avec des titres déroutants, histoires de fous, histoires floues, ou simplement histoires « de vous » : « Dans « No life », j'évoque ce qui peut se passer dans la tête de quelqu'un qui ne comprend pas, et qui cherche à fuir le monde qui l'entoure. Avec « Différents », je rappe "nous on s'en bat les couilles de ce que disent les gens, on vit pas dans le même monde, on est différent." Je ne suis pas comme le commun des rappeurs … Dans cette chanson, je donne plusieurs anecdotes où je décris le quotidien de mes potes et moi. Il y a aussi « Changement » : ça parle de ma vision de notre époque, la différence entre quand on était plus jeunes et maintenant. En gros, "les vieux comprennent pas ce qui se passe dans la tête des jeunes." Et dans « 50 pour cent », je raconte une expérience personnelle dans laquelle je me suis retrouvé face à la … demi paternité », ou l’histoire d’une de mes ex qui ne savait pas qui était le père de l’enfant qu’elle portait ». Bienvenue dans un univers alambiqué, wifi connecté. Un album entier pour éviter de se mettre une balle dans la tête, ou d’en mettre dans celles des autres. Des morceaux de vie taillés pour la scène. Une résidence à la Boule Noire en septembre dernier, une team à son service canon (Skread aux platines, Abblaye en costumes peau de pêche, et Gringe -son acolyte de Casseur Flowteurs, omniprésent sur les derniers projets Time Bomb-) pour une série de showcases qui donneront raison à la rumeur : « Orelsan en live, c’est bordel ». « Sur scène on va retranscrire tout mon univers, on met en scène les tracks afin de leur donner plus d’épaisseur. On voudrait faire un genre de concert Hip Hop à la limite … de la comédie musicale !» Kamel Ouali peut aller pleurer dans les jupons des papas gâteaux de l’entertainement, et faire la queue avec les MCs au chômage technique. Quand les mecs du fond de la classe se mettent à rapper, ça peut foutre en l’air une rentrée. Et avec Orelsan, ça semble perdu d’avance … Auteur original : Raphäl YEM |

















