| K.ommando Toxic - Chronique du CD K.ommando Toxic | |
|
Je suis obligé de reconnaître que j'étais très sceptique. On nous avait martelé tout l'été qu'"Ils" débarquaient, le tout pour un buzz assez matraquant. Combien de fois nous a-t-on déjà resservi les nouvelles stars du rap, autoproclamées "prodiges" ou incarnations du "renouveau du rap français"? Autant de roulements de tambour qui se sont soldés en déceptions. Deuxième point négatif : la filiation avec Arsenik, un des plus grands groupes du hip-hop hexagonal. Le duo allait-il pouvoir assumer la comparaison?
L'écoute du premier morceau "Premier sang" m'a plutôt conforté dans mes craintes. Un beat certes assez tendance mais cruellement peu innovant avec ses rafales de uzi d'une triste banalité, sur lequel le Kommando pose ses lyrics égotrip, à grands renforts de gonflage de biscottos. Mouais... Sur le morceau suivant "More faya", ma nuque a commencé à réagir au son du boom-boom tchak, réhaussé par un refrain ragga qui passe bien. "Sex, pouvoir et biff 2" qui se veut la suite du morceau d'Arsenik est un bon morceau produit par Djimi Finger, même s'il révèle un des principaux défauts du Kommando qu'est la diction. La comparaison avec Calbo sur ce titre met clairement en évidence l'écart qui existe à ce niveau entre le MC et ses fils spirituels. Le duo offre un moment de douceur avec "Lettre à ma mère" avec un beau texte, même si le thème est assez commun dans le game. "Destin mal noté" est un morceau sombre, sur une prod mélancolique, sur lequel Diam's laisse parler son coeur et dévoile son côté "dark", pour une écriture bien plus recherchée, loin de la jeune demoiselle qui recherchait un mec mortel. Sur "La cité des rêves", on regrette que Bek'soul et T.killa n'aient pas hissé leur niveau pour honorer la très bonne prod de Tony Dex (qui au passage livre trois prods de qualité sur l'album). "Vida loca" avec son refrain chanté en choeur par des enfants rappelle le "Hard knock life" de Jay-Z. "Ils veulent" est un morceau frais et léger, entâché cependant par les insupportables envolées lyriques de Soprano sur ses refrains. Ambiance Bisso Na Bisso avec "Afrika star", où on retrouve M'Passi au refrain sur cette prod de Djimi Finger. La mention spéciale revient à la piste 13 "Le son des braves" et son excellente prod signée Pone, où l'on retrouve le rat Luciano en pleine forme. L'intérêt de "S'arracher de l'étau" réside en la réunion des deux duos Arsenik et Kommando Toxik, même si on reste sur notre faim quant au résultat. "Nouvelle génération" est un morceau correct, sur lequel on décompte pas moins de 12 MC's. L'album se cloture par "On remet ça" où l'on retrouve Alonzo et l'Algérino pour une connexion 9-5 / 1-3 plutôt réussie. "C'est mort!", "Violence verbale", "Comme toi", "Agents dormants 2" et "Memory" passeront vite aux oubliettes. Au global et en dépit de quelques faiblesses (diction, écriture pas toujours à la hauteur, abondance de références à Arsenik...) l'album est réussi, d'autant plus qu'il ne faudrait pas oublier qu'il s'agit du premier.
Note : 15,5 / 20
1 : Premier sang |

















