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Après l’échec de son 2ème album solo «second souffle», Sat nous revient avec le très attendu «Diaspora». Le Mc marseillais avait reproché à sa maison de disques de ne pas avoir soutenu, en termes de promo, l’album «second souffle».
Appliquant l’adage selon lequel on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, Sat s’est retroussé les manches, a monté son label Corner Street et assuré himself une grosse partie de la promo de l’opus à grands renforts de teasers vidéos sur youtube et facebook.
Le projet est ambitieux :
- En terme d’avenir puisque dixit Sat lui-même, la poursuite de sa carrière dans le game en dépend.
- En terme de qualité puisque l’ex-membre de la F.F reste fidèle à des lyrics de qualité et à un son purement étiquetté NYC, là où le dirty et les textes affligeants squattent le strapontin du rap français.
- En terme de concept enfin, puisqu’avec «Diaspora» (qui fait référence à la fin de l’unité et à l’éparpillement de la scène marseillaise) Sat propose de réunir un grand nombre de rappeurs marseillais comme à la glorieuse (et regrettée) époque de Chroniques de Mars.
A se demander si Sat n’a pas appelé son label Corner Street parce qu’il se savait attendu au tournant...
L’album s’ouvre avec «Dans mon barillet» où sur une prod lourde, à l’atmosphère prophétique signée Fullklip, Sat plante le décor de l’album. Un texte revanchard et d’entrée, la référence à sa ville d’origine «Où que j’aille j’représente toujours pour Mars, c’est ma ville, mon hood, c’est mon bercail» «Plus que de la musique» est véritablement un des titres phares. Parce que la prod signée BKS-So Fly est énorme. Parce qu’on retrouve au mic 3 poids lourds (et 3 générations) du rap marseillais avec Sat, Akh et Soprano. Parce que le morceau est tout simplement réussi, même si on peut regretter le minimum syndical lyrical offert par Soprano.
Dans «retour aux sources», Sat a particulièrement bien choisi son invité puisque la prod signée Just Music sonne comme une prod de Faf la rage. On se croirait même sur un album du frère de Shurik’n. Sat y règle ses comptes avec le rap français et prône un retour aux vraies valeurs du hip-hop «rangez les synthés, ressortez les samplers». Le sample de «represent» de Nas sonne comme un symbole et nous ravit les oreilles.
De «on s’obstine» je retiendrai la prod énormissime de Medeline, sans faire offense à la prestation de Sat, Kalash l’afro et Alonzo. Et oui, nous sommes en 2010 et il est possible d’écouter du bon son sur un album dit de «rap français»!!!
Sur «les jeux sont faits», on retrouve une ambiance «California love» avec Mo’Cheez à la talk box. Le son sent bon la west coast et un clin d’oeil au célèbre morceau de Tupac est adressé avec le «Marseille city est dans la party». Sur une prod de Medeline, avec RedK et L.O, Sat en glisse une pour le quartier avec «le hood». «Génération sacrifiée» (feat Stone Black) est une parfaite description de la mentalité et du vécu de la jeunesse de l’après choc pétrolier. Dans «Diaspora», Sat évoque sa carrière F.F et solo avec de multiples références à des titres phares et balaie d’un revers de la main tout ce qui parasite le hip-hop : diamants, voitures, guns et beefs pour ne garder que l’essentiel : la musique et... Marseille of course!
Sur une prod soulful de Medeline, relevée par un refrain suave de Saïd, Sat fait le point sur son parcours, épaulé par Shurik’n sur «La race des battants». La température monte ensuite de plusieurs degrés avec «C’est chaud» (feat Prince Negaafellaga) à l’ambiance thug. «Vox populis» évoque le soulèvement (pour l’instant imaginaire) du peuple feat Keny Arkana et RPZ, sur une prod signée Sonar.
«Sale époque» est un morceau sombre, avec le non moins sombre Mesrime, qui sonne comme une critique de la société matérialiste où prédomine la loi du dollar. «Au pied du mur» et «Rien ne doit m’arrêter» sont deux prods signées Fréro Prod avec une mention spéciale à la 2ème, qui à l’instar de «on s’obstine» est la qualité principale du morceau. On appréciera au passage l’optimisme du Mc qui termine son album sur ce message de continuité.
En conclusion...
- A la question «Sat est-il coupable d’avoir mené à bien un projet allant à contre courant des tendances actuelles du rap?» la réponse est «oui» à l’unanimité des jurés.
- A la question «Sat est-il coupable de persister à faire du rap d’adultes là où la scène actuelle a les 10-15 ans dans le viseur?» la réponse est «oui» à l’unanimité des jurés.
- A la question «Sat est-il coupable d’avoir dynamité le rap français, et mérité son surnom d’artificier?» la réponse est «oui» à l’unanimité des jurés.
Le jury condamne donc l’accusé à la peine maximale : une carrière musicale à perpétuité.
Note : 17,5 / 20
Frédéric Bonnet a.k.a KaZer
Tracklist
[01] Dans Mon Barillet
[02] Sat ft Akhenaton [Iam] & Soprano [Psy 4 Rime] - Plus que de la musique
[03] Sat ft Faf Larage - Retour aux sources
[04] Sat ft Kalash l'Afro [Berreta] & Alonzo [Psy 4 Rime] - On s’obstine
[05] Sat ft Mo'Cheez - Les jeux sont faits
[06] Sat ft L-O [Carpe Diem] & Redk [Carpe Diem] - Le hood
[07] Sat ft Stone Black [Carre Rouge] - Génération Sacrifiée
[08] Diaspora
[09] Sat ft Said & Shurikn [Iam] - La race des battants
[10] Sat ft Prince Negaafellaga - C’est chaud
[11] Sat ft Keny Arkana & RPZ - Vox Populis
[12] Sat ft Mesrime - Sale époque
[13] Sat ft Gino1313 & Tonyno [Sale Equipe] - Au pied du mur
[14] Rien ne doit m’arrêter
[15] Sat ft Prince Negaafellaga & Dur 2 Tete [Black Marche] & MOH [S-Krim] & Zino [Revolution Urbaine] & Boss One [Le 3eme Oeil] - C’est chaud (remix)
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