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C’est par un temps glacial que j’ai rencontré Def Bond sur Marseille. Un froid polaire qui tranche avec la chaleur de son album «Love». Rencontre...
KaZer- Après entres autres «Le thème», «Def» et «Spécial Funk R&B», «Love» est ton 5ème album, c’est assez peu en 20 ans de carrière...
Def Bond- D’une manière générale, j’aime bien prendre mon temps pour travailler, je suis incapable de boucler un album en 6 mois. Et puis une carrière est faite de hauts, de bas, d’interrogations et de remises en questions. Il s’est écoulé 4 ans depuis mon dernier album, c’est le temps qu’il m’a fallu pour travailler et régler quelques petits «déboires»...
KaZer- Avec cet album, tu es passé au chant
Def Bond- Complètement. C’est un album intégralement chanté, et radicalement R&B dans l’esprit, même si on y retrouve des touches funk, électro ou même pop.
KaZer- Tu as définitivement tourné la page du rap?
Def Bond- Oui. Avec le recul, je pense même qu’excepté l’album avec le Soul Swing, j’ai toujours rappé parce que je n’avais pas le courage de chanter. J’ai toujours eu envie d’évoluer vers le chant mais je me limitais volontairement au rap.
A titre personnel, j’ai fais ce que j’avais à faire dans ce milieu.
Pour autant, j’envisage toujours de graviter dans ce courant musical, en venant poser mes chants en featuring avec des artistes rap. J’ai d’ailleurs quelques projets en ce sens mais rien de concret pour l’instant.
KaZer- Pour autant tous les ponts ne sont pas coupés puisqu’on retrouve Faf la Rage sur cet album (Il signe 3 prods, un feat et a participé aux arrangements et au mixage)
Def Bond- Oui, mais la collaboration avec Faf ne s’est pas faite parce que c’est un rappeur, c’est avant tout une histoire d’amitié. Je le connais depuis très longtemps et j’apprécie sa façon de travailler. Quand je travaille sur un album, j’ai tendance à avoir la tête dans le guidon. Il m’est utile et important d’avoir un regard extérieur et objectif. Avec Faf, je sais qu’il n’y aura pas de faux semblant. C’est quelqu’un qui écoute beaucoup de R&B, qui a une oreille aguerrie et qui me dira toujours les choses franchement. Pour tout dire, c’est même lui qui m’a poussé au chant!
KaZer- Tu écoutes toujours du rap ?
Def Bond- Du rap français, clairement non. Au début quand on rappait, on faisait comme aux Etats-Unis. Ce n’est qu’après quelques années qu’il y a eu cette appelation de «rap français» , qui est vite devenu une prison. La plupart des rappeurs français se sont ghettoisés eux-mêmes et se sont tirés une balle dans le pied. Et puis il ne faut pas se voiler la face, aujourd’hui le rap français est en grande partie une musique de jeunes, voire de très jeunes. Nous, on passe pour des vieux cons à leurs yeux. Par contre j’écoute toujours du rap américain. Il faut dire que là-bas, personne va venir faire chier des Jay-Z, des LL Cool J, des Nas ou des De la Soul parce qu’ils ont quarante ans!
KaZer- Quand on suit ton parcours, on remarque quand même que tu as toujours eu cette vibe R&B
Def Bond- Bien sûr! Sur la B.O de Taxi, quand est sorti «Tu me plais» en duo avec K-Reen, il y avait très peu de rappeurs français qui intégraient du R&B dans leur morceaux. Il faut voir ce qu’on m’a mis dans la gueule à l’époque! On disait que je faisais le «lover» (rires). Après il y a eu «Old School love» avec Oliver Cheatham, «12/013» avec Matt Houston, une collaboration avec Craig David etc... En fait, «Love» n’est en quelque sorte que l’aboutissement d’un virage amorcé depuis déjà bien longtemps...
KaZer- Comment résumerais-tu ton album? C’est un album concept?
Def Bond- C’est avant tout un album que je voulais résolument R&B. Je voulais que cela sonne comme une évidence. Déjà au niveau du visuel, je voulais que la couleur soit annoncée. Le rose n’a pas été choisi au hasard. Pour le titre, c’est pareil, «Love» résume tout : l’amour, celui de la musique, celui des gens entre eux...
KaZer- Comment s’est passé l’enregistrement?
Def Bond- Très simplement : chez moi! (rires). J’ai livré 11 prods sur les 16 de l’album, à mon rythme, puis la partie arrangements-mixage s’est faite en studio à la Cosca avec Faf. En tout, j’y ai travaillé un an et demi.
KaZer- L’album n’est sorti qu’en plateformes de téléchargement
Def Bond- Oui car je n’ai pas eu le choix. Je suis actuellement en procès avec mon ancienne maison de disques, Sony, qui n’a pas retiré de son catalogue mon album «Spécial Funk R&B» alors que notre contrat avait été rompu. A l’heure actuelle je ne suis toujours pas signé donc c’est mission impossible pour passer en radio et assurer une diffusion et une promotion correcte. Pour en revenir à ce que je disais tout à l’heure, on te fait clairement comprendre que ton âge pose problème pour faire du R&B. Il est toujours possible de monter un label mais à l’heure actuelle je n’en ai pas la force. J’ai laissé trop de plumes dans mes démélés avec Sony pour me lancer dans cette aventure.
KaZer- Sur «Love», on retrouve une vieille connaissance...
Def Bond- Et oui, il est de retour! Le DJ du mia is back! Il a pris un petit coup de vieux mais il est toujours en forme (rires). Le morceau «A la one again funky» a été produit par Wadz, dont j’ai fait la connaissance par Internet. C’est vraiment un clin d’oeil à tout ce que j’aime. A la bonne époque de «Je danse le mia» bien sûr, mais surtout au bon vieux temps du Funk. Je suis hyper nostalgique de ce temps-là, notamment 1983 la grande année de cette musique.
KaZer- Il y a des morceaux électro sur l’album, qui nous rappellent que tu as déjà exploré ce courant musical
Def Bond- Oui, avec Fafa Monteco. On avait créé un label en 2000 qui s’appelait Chicayork, sous lequel on avait sorti plusieurs vinyles dont ceux de HEATMAKER... J’ai toujours gardé une oreille pour ce type de sons.
KaZer- Pour finir, des projets?
Def Bond- Oui, sur l’album de Farhad notamment. Il a fait un featuring sur «Love» (sur le morceau «Si les murs parlaient») et j’ai signé une prod sur son album, sur laquelle Faf la Rage a également posé.
On va aussi clipper 2 morceaux de mon album, vous découvrirez bientôt lesquels...
Propos recueillis par Frédéric Bonnet a.k.a KaZer
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